Bourgogne du Sud

 

Le Creusot

La métallurgie débuta au Creusot en l'année 1782


Sous le patronage de louis XVI, la fonderie Royale de Montcenis y fut créée, à proximité d'un gisement houiller qui était en exploitation depuis 1502.
Doté de quatre hauts-fourneaux qui nouveauté en France étaient alimentés au coke, l'établissement, après avoir traversé des périodes de prospérité, connut de grosses difficultés qui finalement conduisirent à la vente de ses bien en 1835 sur saisie immobilière aux enchères publique à la barre du tribunal civil de la seine.
Ces bien furent apportés à une société en commandite par action créée le 21 décembre 1836 par Joseph-Eugéne SCHNEIDER, maître de forge à Bazeilles, et par son frère Adolphe SCHNEIDER.
Dénommée "SCHNEIDER FRERES ET COMPAGNIE", la société prit en 1845 la raison sociale "SCHNEIDER & Cie", qu'elle a conservée depuis et sous laquelle elle devait prendre un essor considérable.

La fonderie Royale du Creusot, prés de Montcenis en Bourgogne.

Le marteau pilon de 100 tonnes, en service au Creusot de 1875 à 1930.

"cette masse formidable en action est capable de frapper sur une enclume avec une puissance de 100 tonnes, et.. boucher une bouteille sans la briser et de... casser une noix sans en abîmer le fruit".

De 1836 à 1950

L' EVOLUTION INDUSTRIELLE

DÈS LE DÉBUT, LA SOCIÉTÉ ORIENTA SES ACTIVITÉS VERS DES FABRICATIONS AUX TECHNIQUES PARTICULIÈREMENT AVANCÉES.

Les principales étapes de son développement peuvent être retracées comme suit:
Deux ans après leur arrivée au Creusot, MM. SCHNEIDER FRÈRES ET COMPAGNIE livrent la première locomotive à vapeur construite sur le sol français et, quatre ans plus tard, la première machine marine exécutée dans leurs ateliers.
Ils créent en 1839, à Chalon sur les bords de la Saône, des chantiers en vue d'y développer les constructions navales et les charpentes métalliques. La même année les chantiers de Chalon sortent le premier bateau pour navigation fluviale.
En 1841, Le Creusot met en service le premier marteau-pilon à vapeur du monde et, au cours des quelques années suivantes, développe très notablement son poten­tiel de fabrications.
Un succès commercial marque, en 1865, le développement industriel en cours:
la Société se voit en effet confier par la Société anglaise " GREAT EASTERN RAILWAY " une commande de cinq locomotives, fait remarquable à l'époque puisque jusqu'alors l'Angleterre était par excellence le pays de fabrication et d'ex­portation de ces matériels.

Locomotive "Great Eastern Railway" (1865)

En 1867, avec la collaboration de l'Ingénieur Martin, la construction d'une aciérie de son système est entreprise au Creusot. Cette installation est complétée en 1870 par celle d'une aciérie Bessemer.
Au cours des années suivantes, la Société met au point de nombreuses fabrications nouvelles: bandages sans soudure pour roues de locomotives et de wagons, système Schneider de puddlage mécanique pour la fabrication des aciers pour canons et blindages, charpentes remarquées à l'Exposition Universelle de 1878, premières tourelles cuirassées, moulages d'acier...
L'équipement des ateliers continue à se développer en conséquence. Les forges notamment se voient, en 1875, dotées d'un marteau-pilon de 100 tonnes.
En 1897, sont achetés aux Chantiers de la Méditerranée leurs ateliers du Havre qui deviendront les ateliers d'artillerie les plus importants de la Société.
Le développement de ses activités en matière de construction électrique, assurée jusqu'à ce jour dans ses ateliers du Creusot, conduit en 1903 la Société à édifier de toutes pièces à Champagne-sur-Seine une usine spécialisée.
Elle crée en 1908 et 1912, dans les Maures sur les bords de la Méditerranée, des installations, puis une usine, pour la fabrication et les essais de torpilles marines.
En 1910, la Société commence l'exploitation des mines de fer de Droitaumont dont elle avait acquis antérieurement la concession, à la suite de la découverte des possibilités d'utilisation économique du minerai de fer de Lorraine.
L'importance des réalisations effectuées au cours des années antérieures, tant en France qu'à l'Étranger, dans le domaine du génie civil, notamment dans celui de l'aménagement des ports, et le caractère particulier de la technique requise par de telles activités, conduisent la Société à constituer en 1911 un " département des travaux publics" dont l'action, se développant sans cesse, s'étendra rapidement avec succès à tous les grands travaux tels que : ports, chemins de fer, ponts, cons­tructions d'usines, installations hydro-électriques...
Pendant la guerre 1914-1918, la région industrielle du nord de la France étant en totalité envahie,' la Société fut amenée, pour contribuer à la Défense Nationale, à déployer un effort considérable comportant. l'adaptation temporaire aux fabri­cations de guerre de moyens normalement prévus pour d'autre fins et l'animation de tout un ensemble de sous-traitants. Cette organisation permit alors d'assurer une production remarquable.
La renommée mondiale des Établissements SCHNEIDER dans le domaine des armements les conduisit par la suite à effectuer d'importantes fournitures de matériels d'armement lourds à des pays amis.
En 1937, la décision gouvernementale de nationaliser les industries d'armement entraîne la transformation en arsenaux d'état des usines du havre et de la Londe-les-Maures et l'arrêt presque complet de l'activité correspondante de la société.
La guerre 1939-1945 devait gravement atteindre le potentiel industriel de la société, dont l'exploitation allait au cours de ces années accuser des pertes importantes.


Les réalisations sociales

LA DIRECTION DE LA SOCIÉTÉ A TOUJOURS PLACÉ AU PREMIER RANG PARMI SES PRÉOCCUPATIONS CELLE DE LA CRÉATION ET DU DÉVELOPPEMENT D'INSTITUTIONS A CARACTÈRE PROFESSIONNEL OU SOCIAL, SUSCEPTIBLES DE FAVORISER LES POSSIBILITÉS DE PROMOTION DE SON PERSONNEL, AINSI QUE SES CONDITIONS DE BIEN-ÊTRE.

Menée avec continuité dès la fondation de la Société, cette politique est pour une large part à l'origine tant des résultats obtenus dans la qualité du travail que des réussites de l'essaimage réalisé à partir du Creusot, puis des autres usines, lors de créations d'usines nouvelles ou de prises de contrôle de Participations diverses.
Voici, à titre d'exemples, quelques-unes des principales réalisations au Creusot.
- Dans le domaine de l'enseignement...
Dès 1836, la Société fonde une école primaire et une école supérieure technique. Ces écoles se développèrent et par la suite des écoles d'apprentissage et de formation professionnelle pour les divers corps de métiers ainsi qu'un cours de préparation aux grandes écoles françaises d'ingénieurs leur furent adjoints. L'enseignement y est entièrement gratuit, les meilleurs sujets pouvant en outre bénéficier de bourses ou de compléments de bourses pour leurs études d'ingénieur.
Parallèlement furent créées des écoles primaires et des écoles ménagères pour les jeunes filles.
En outre, à diverses reprises, la Société fut conduite à aider la municipalité dans la création d'écoles publiques

Ecole spéciale du Creusot

 - Dans le domaine sanitaire...
Les initiatives se succédèrent:
Dès 1837, création d'une infirmerie, remplacée en 1845 par une infirmerie hôpital, à laquelle furent substitués en 1863 un nouvel établissement plus spacieux ainsi qu'en 1879 un premier hôpital. Ces installations s'étant néanmoins avérées insuffi­santes pour la population en constante augmentation, un établissement beaucoup plus important fut mis en construction en 1889: l'Hôtel-dieu qui, ouvert en i894, agrandi et modernisé depuis, groupe actuellement des services de chirurgie, médecine générale, radiologie, phtisiologie, maternité... ainsi que des dispensaires spéciales
Création, en 1838, d'une organisation médicale gratuite qui céda la place au système institué par les Assurances Sociales en 1934.
Organisation, en 1847, d'un service gratuit de gardes -malades à domicile.
En 1943, création d'un service médical du travail conforme aux nouvelles prescriptions légales...

Vue générale de l'Hôtel Dieu du Creusot

 - Dans le domaine de la prévoyance...
Dès 1838, fut organisée une caisse de prévoyance assurant des prestations médicales et pharmaceutiques, des allocations au personnel malade ou blessé, des pensions aux veuves et orphelins des ouvriers décédés par suite d'accidents du travail, anti­cipation des mesures rendues légales3 soixante ans plus tard, par la loi sur les Acci­dents du Travail.
Une caisse de retraite pour la Vieillesse fut instituée en 1877. Elle reçut des amélio­rations successives en 1920, 1930, 1947 et 1950.
En 1887, fut créée une Maison de Retraite, réservée aux ouvriers retraités ainsi qu'aux veuves d'ouvriers âgées. Cette institution fut complété en 1949 par une e 'Maison des Anciens * ouverte aux anciens agents de la Société et à leurs veuves qui, tout en profitant de certaines facilités, y vivent dans leurs meubles avec une complète indépendance.
- Sur le plan de ('amélioration des conditions de vie familiale...
La Société accorda toujours une attention particulière aux conditions de logement de son personnel. Elle fit, à diverses reprises, construire des cités ouvrières, prenant par ailleurs en faveur de ses agents les dispositions susceptibles de leur faciliter la construction directe ou l'accession à la propriété.
En 1944, fut institut une section d'aides familiales qui aident à domicile les mères de famille.
En outre les colonies de vacances, dont l'organisation première remonte à une tren­taine d'années, ne cessèrent de se développer.

Le Château de Prelay, séjour pour colonie de vacances

 Pour incomplète qu'elle soit, cette énumération donne un aperçu de l'ampleur et de la variété des réalisations de la Société en matière sociale, conséquence du souci qu'eut à toute époque sa Direction de l'amélioration des conditions de vie et de travail du personnel.


Tests et photos extrait du livre SCHNEIDER & Cie (janvier 1955)