Bourgogne du Sud

 

Le Creusot

Après le pilon, une histoire du 21eme siècle de 7,8 tonnes


On sait au Creusot, mais aussi et surtout dans le monde du ferroviaire, que la performance d'un train, en terme de vitesse, dépend d'abord et surtout des bogies. Car s'il n'est pas forcément compliqué d'augmenter la puissance d'un train, par contre tout le défi se situe dans les bogies.

c'était le 3 avril 2007. La France entière avait retenu son souffle. Entre Paris et Strasbourg, sur la nouvelle ligne grande vitesse, la SNCF et Alstom avaient établi un nouveau record du monde de vitesse : 574,8 km/heure

Le 3 avril 2007 est le jour de la tentative officielle. Aux commandes de la rame: Eric Pieczak, conducteur d'essais de la SNCF. À son bord : deux huissiers, des techniciens d'Alstom, de la SNCF et de RFF, des journalistes et des invités, dont Anne-Marie Idrac, le commissaire européen Jacques Barrot6 soit en tout une centaine de personnes. Le TGV s'est élancé à 13h01 de la commune de Prény (Meurthe-et-Moselle) dans le sens Nancy-Paris.

Après 10 km, l'unique pantographe de la rame est baissé pendant 2 km, et le train traverse la zone dans laquelle l'alimentation passe de 25 kV à 31 kV, tension permettant de fournir la puissance nécessaire pour dépasser les 500 km/h. Le pantographe est ensuite de nouveau relevé, et au bout de 10 minutes, la vitesse de 515,3 km/h (précédent record officiel) est dépassée. Après 13 minutes de parcours, la vitesse maximum de 574,8 km/h1 (soit 159,7 mètres par seconde) est atteinte sur la commune de Eclaires (Marne), au PK 193,2, dépassant ainsi l'objectif initial de 540 km/h (150 m/s).


Cabine de simulation grand public du record du monde de vitesse à 574,8 km/h
À son arrivée en gare de Champagne-Ardenne, la rame V150 avait parcouru 150 km en 30 minutes. Une réception est organisée dans la nouvelle gare en présence de nombreux invités. Vers 16 heures, pour le retour vers Paris, la rame du record roule à côté du TGV qui ramène les journalistes pendant 30 km.

Après le record
Du 10 au 15 avril, la rame du record a encore effectué deux marches par jour pour recevoir des invités, VIP ou personnels des entreprises de SNCF, Alstom, RFF ayant participé à la préparation du record. Le dimanche 15 avril, pour la dernière marche et pour dire adieu à la rame V150, l'équipe fait une pointe à la vitesse de 542,9 km/h.
La rame a ensuite été démontée en plusieurs tronçons pour être exposés en plusieurs endroits afin de célébrer le record - et prolonger l'effort de communication au-delà des élections présidentielles, qui ont eu tendance à faire oublier le record du monde de vitesse sur rails. L'événement le plus spectaculaire après le record du monde a été la navigation sur la Seine.


La motrice de tête M2 et la remorque labo R8 de la rame 4402 exposée au pied de la Tour Eiffel
La motrice M2 (motrice arrière de la rame POS 4402 mais motrice avant côté Paris pour le record du monde sur la rame V150) et la remorque Duplex laboratoire ont été montées sur une barge au Port de Gennevilliers. Après un parcours de Gennevilliers au Port Suffren le 12 mai 2007, l'opération « 574,8 km/h sur Seine » était organisée le 13 mai 2007 à Paris. Le troncon de la rame V150 avec quelques membres de l'équipe du record sur la barge a effectué une traversée de Paris saluée par des orchestres et la foule. L'ensemble a ensuite été exposé pendant une semaine au pied de la Tour Eiffel.
Après leur retour à Gennevilliers, les deux éléments ont été envoyés en Alsace, exposés à la Cité du Train à Mulhouse, et pour finir, au Jardin des Deux Rives, sur le Rhin, entre France et Allemagne, à l'occasion des cérémonies d'ouverture au public de la ligne à grande vitesse Paris-Strasbourg.
La rame sera ensuite « remise au type » pour s'intégrer dans la flotte des rames commerciales. Les deux motrices redeviendront des motrices standard sur la rame POS 4402. Les deux voitures Duplex d'extrémité seront intégrées à une rame TGV Duplex. Et la voiture-motrice intermédiaire est repartie chez Alstom.