Bourgogne du Sud

 

Louhans

LA VILLE AUX 157 ARCADES


Capitale de la Bresse Bourguignonne, C'est aussi là, au cœur de la Ville mais aussi sur toutes les places environnantes que se tiennent chaque Lundi le marché et la foire bimensuelle(1er et 3ème lundis du mois). Cette activité économique date du XIIIème siècle: belle époque des grandes Foires du Moyen-âge. Sur le marché, on retrouve la célèbre "Reine des volailles, volaille des Rois": le poulet de Bresse, détenteur d'une AOC (Appellation d'Origine Contrôlée) à l'instar des plus grands crus... "Le marché aux volailles" typique et pittoresque, est classé parmi les "100 Sites remarquables Français du Goût" par le Conseil National des Arts Culinaires. A Louhans-Châteaurenaud, comme dans toute la Bresse Bourguignonne "il fait bon vivre et bon manger"

Rivière lente et sauvage, la Seille est un affluent de la Saône qu’elle rejoint à La Truchère. Sa qualité de rivière navigable se termine à Louhans où les bateaux de plaisanciers peuvent s’amarrer dans un environnement calme et ombragé près du centre ville et de ses multiples commerces.

Le marché de Louhans et sa foire, rendez-vous incontournables, chaque lundi matin et toute la journée les jours fériés, de la vie bressane, font partie de ces joies simples de la vie... Les marchands se donnent rendez-vous ici depuis des siècles, il ne manquait que vous.

 

LOUHANS est une ancienne ville fortifiée aussi nommée "Cité des Arcades". En effet, LOUHANS a conservé intactes de l'occupation espagnole 157 arcades qui bordent sur plus de 400 mètres la Grande Rue. Arcades et façades du XVème siècle constituent un ensemble architectural unique en France. Plus de 100 Commerces y forment une artère dynamique et accueillante...

 

 

 

Le marché de Louhans à travers les siècles

On trouve une première trace des marchés en Bresse et à Louhans dès 1269, date à laquelle d’Antigny de Vienne, seigneur de Sainte-Croix et de Louhans, octroie une charte de franchise à la ville. Au XIVe et XVe siècle, les marchés de Bresse se développent et animent la région. Le marché de Louhans prend sa place et après maintes évolutions à travers les siècles, celui-ci à su se maintenir jusqu’à notre époque et il est devenu actuellement l’un des quatre ou cinq grands marchés agricole et commercial de France, ceci grâce à une agriculture toujours florissante, et la célèbre " volaille de Bresse " dont on trouve une trace de l’existance dans les archives de Bourg-en-Bresse, dès l’année 1591.

Au XVIe siècle, Louhans est la ville qui monte économiquement et devient de plus en plus active et riche (droits payés sur ses foires et marchés, profit de l’octroi à partir de 1603, commerce qui se développe).

Les rentrées annuelles sont multipliées par vingt entre le début et la fin du XVIe siècle, ce qui est considérable et qui favorise la construction de la ville, surtout celle des maisons de la grande rue dont le devant des échoppes se coiffe des premières arcades.
L’artisanat se développe (objets de fer, de construction), apparaissent des marchands qui se fixent à Louhans et qui colportent dans les campagnes. On assiste au développement des marchés et foires. Les cultivateurs vendent au marché leur grain, œufs, beurre, poulets, chapons, et acquièrent déjà la renommée des porcs, des moutons et des bœufs. Les uns et les autres achètent aux commerçants des toiles, des tissus, des cordes, quelques aliments qu’ils ne produisent pas, ce qui accroît les activités des marchands et des artisans du fer et explique la réapparition du drap.

De grandes foires se développent. La plus importante est celle de la Saint-Nicolas, ensuite la foire de Pâques, et celle d’août qui se tient au Breuil. A ces dates, les échanges prennent un tout autre volume. Des marchands, venus de l’extérieur, Chalon, Tournus, Seurre, Cuisery, Pont-de-Vaux, acheminent des marchandises que d’ordinaire on ne trouve pas à Louhans (verrerie, vaisselle, soieries et épices), qu’achètent les louhannais et les plus riches cultivateurs. Pour ceux-ci c’est la vente du gros bétail (chevaux, bœufs), blé, maïs, poulets. Louhans devient le moteur et le régulateur de l’économie régionale. La volaille de Bresse est l’emblème de ce pays. C’est le produit spécifique de l’histoire et de la culture bressane, particulièrement favorisé par la culture du maïs et l’existance de sous-produits de l’élevage laitier entrés dans son alimentation.
Jusqu’au XXe siècle (pendant les années 50 et 60) l’élevage de la volaille a conservé son caractère de production complémentaire saisonnier tout en apportant un revenu non négligeable. C’était la part de la fermière, au même titre que les œufs et le beurre qu’elle vendait. Elle en tirait l’argent destiné aux petites dépenses ménagères, ainsi que son argent de poche. C’est elle qui gérait l’ensemble de l’élevage et qui maîtrisait les " savoir-faire ", liés à une production de qualité.

Au XVIIe siècle, malgré les difficultés de toutes sortes (guerres, épidémies) la Grande Rue voit s’édifier de nouvelles maisons, dont la série relie peu à peu la partie haute à la partie basse et encadre la halle. L’essor des marchés agricoles se consolident et se pérennisent.

Au XVIIIe siècle, le développement économique se confirme. La région connaît à cette époque un essor agricole incontestable, marqué par un accroissement de la production des grains ainsi que de l’élevage de bœufs, de vaches, de chevaux et même de mouton, et plus encore de volailles. Les chapons, poulets et volailles de Bresse louhannaise sont réputés pour leur saveur, et donnent lieu à un commerce animé, ce qui explique le développement des marchés dans bon nombre de paroisses et même l’instauration de foires. A Louhans, marchés et foires deviennent alors la " manifestation fondamentale " de la richesse et des activités de la ville et le fait économique autour duquel peu à peu tout s’organise.
On distingue dans ces rencontres trois séries assez différentes :
- les marchés ordinaires du lundi dont la fin première est de permettre aux paysans de venir s’approvisionner pour leurs besoins quotidiens (aliments, vêtements, objets divers) chez les commerçants de la ville, tout en apportant quelques produits (beurre et œufs avant tout) pour le ravitaillement des citadins.
- La petite foire qui se tient un lundi sur deux (premier et troisième lundi du mois est dont l’objectif est de vendre en plus grande quantité aux commerçants louhannais ou à d’autres, les produits rentables du terroir pour le stockage à Louhans et les expéditions au-delà de la région. Ce marché est animé essentiellement par le commerce de la volaille, et à certaines dates par celui du grain.
- Quatre foires annuelles qui permettent des échanges plus importants et ou des marchands de l’extérieur viennent vendre des marchandises diverses et approvisionner de ces produits les commerçants locaux, en même temps qu’ils achètent les productions du cru. Ces relations étant primordiales, les louhannais font un effort pour améliorer la circulation. Ils interviennent afin que les chemins soient entretenus. C’est l ‘époque de l’édification des ponts (le nouveau et très beau pont de pierre sur la Seille que les allemands ont fait sauter pendant la seconde guerre mondiale, le pont de la barque et le vieux pont du Solnan qui est consolidé), c’est l ‘époque de nouvelles et belles constructions dont l’Hôtel de Ville dans l’axe de la rue des Bordes. On étend également la surface de l’Hôtel-Dieu qui peut alors recevoir quarante quatre lits, on restaure l’église.

Le XIXe siècle confirme l’importance du marché de Louhans. Déjà à cette époque les étrangers (dont la Suisse) sont frappés par la construction des maisons formant arcades ou galeries sur la rue principale, mais aussi et surtout par l’importance des foires et des marchés hebdomadaires. Toutes les productions qui font la richesse du pays, bestiaux, céréales, volailles, beurre, œufs, produis maraîchers, se " donnent à Louhans comme un rendez-vous naturel ". C’est un centre ou viennent s’approvisionner Lyon, Dijon, Tournus, Chalon, Lons-le-Saunier, le Jura et Genève. Nous ne pouvons pas citer ici toutes les améliorations qui se sont réalisées et qui transforment l’ancienne petite ville. Le chemin de fer, de nouvelles habitations se sont construites dans les faubourgs et la banlieue voisine, des écoles nouvelles ainsi que des collèges de garçon et de filles. La ville a beaucoup progressé en un demi siècle et est devenue grâce à son commerce et ses marchés, la capitale de la Bresse, chef lieu d’arrondissement. Elle sera également le siège de la société d’agriculture fondée en 1838. Cette société a pour but de propager les bonnes méthodes de culture, organiser de fréquents concours et de récompenser le succès.

La fin du XIX e siècle est le début du XXe (malgré la guerre 1914-1918 et jusqu’au années 1939-1940, début de la seconde guerre mondiale), furent vraiment la " belle époque " du marché de Louhans.
Le marché aux porcs, aujourd’hui très réduit, était à cette époque particulièrement important. Il se tenait sur la place du château (actuellement place de la Libération) ou il attirait des professionnels, venus parfois de très loin. Nos porcelets en effet étaient très réputés. Toute la matinée c’était un vrai concert de cris et de hurlements stridents de truies et de cochons. Il y avait également le marché des veaux, place des ponts (actuellement place Guinot) ou était installé le bureau de l’octroi et les bascules, le marché des bœufs et des chevaux se tenaient déjà sur l’actuelle place de la Charité.
C’était la grande époque des maquignons, vêtus de la grande blouse noire, le bâton à la main, les plus riches étaient accompagnés de leurs " toucheurs " qui inspectaient les bêtes de tous côtés. Le marché des volailles a lieu à cette époque dans la grande rue des arcades. Les bressans en costumes présentent leurs volailles, de vraies " merveilles " en ce temps là, dans des cages que viennent acheter les marchands, pas encore appelés volaillers. Les dames de la ville viennent se procurer leur beurre et leurs œufs chez leur fermière attitrée dans une foule de paysanne en coiffe, de paysans en chapeaux noirs, de messieurs en canotiers et de belles dames en chapeaux enrubannés. Ce marché était le lieu de rencontre de la ville et de la campagne, un lieu de convivialité où on rencontrait des amis, ou des parents d’autres villages, et où les divers patois se mêlaient. On mangeait à midi dans les auberges les spécialités du pays, on faisait ses achats chez les commerçants, on rentrait le soir quelquefois très éméché, et c’est la monture qui retrouvait parfois seule le chemin de la ferme.

Dans les années 1950-1960, les marchés reprennent leur cours normal (jusqu’à la fin de la guerre, de nouvelles habitudes avaient été prises : marché noir, approvisionnement direct à la ferme).
La guerre enfin terminée, les agriculteurs reviennent au marché, les fermières apportent dans de grands paniers leurs œufs frais et le bon beurre odorant de baratte, moulé dans des moules de bois sculptés qui font apparaître en relief un motif bucolique. Ce marché des œufs et du beurre, très convivial, se tient place de l’église, les particuliers et les marchands font leur choix parmi cette production présentée chaque lundi par les fermières. Ce mode de vente a hélas pratiquement disparu dans les années 1970. La place de l’église est occupée actuellement par des étals de vêtements, chaussures et articles d’ameublement.
Le marché de la volaille se tient place de la poste et est de nouveau très animé. En 1956, soixante huit " abatteurs expéditeurs " sont dénombrés en Bresse bourguignonne. En 1957, les bressans pour défendre la renommée de leurs volailles, ont fait voté une loi d’appellation d’origine contrôlée. Il s’agit à ce jour de la seule appellation d’origine contrôlée au monde pour une volaille.
Les voitures à cheval disparaissent progressivement au profit de l’automobile qui fait son apparition dans les campagnes. On vient au marché en voiture, l’atmosphère des foires et marchés de Louhans reste toutefois très rurale et chaleureuse dans les années 1950-1960. Les jours de foire, la journée se prolonge tard dans l’après-midi, car il y a bal au " Palace " ou la jeunesse bressane aime se retrouver, et qui sait combien de mariages ont été ébauchés pendant ces rencontres ? Le cinéma également proposait des séances de films comiques ou de western américains qui faisaient la joie des jeunes paysans dont c’était peut-être la seule sortie du mois.
Vers les années 1970, l’ambiance change, plus de foire prolongée, plus de bal ni de cinéma. Le modernisme, la voiture, la vitesse changent tout ça. On se hâte de rentrer, on ne perd plus de temps. Le marché et les foires de Louhans demeurent néanmoins malgré une mutation importante, l’agriculture cédant la place de plus en plus à d’autres marchandises.

Les louhannais ont su, malgré un changement important, conserver l’originalité de ces marchés dont l’attrait demeure le grand marché agricole qui se tient place de la Charité, un émerveillement pour nos visiteurs venus de très loin qui découvrent tout un assortiment de volailles vivantes, dont le prestigieux poulet de Bresse, entourés de canards, lapins, oies, caprins, moutons, petits chiens, gros animaux, vaches, bœufs, cochons et quelquefois chevaux. Ce marché est devenu " un des monuments culturel et touristique " de la Bresse. Le marché agricole entraîne dans son sillage un marché de tous produits, alimentaires (place Générale de Gaulle), vestimentaire (Grande Rue, place Georges Morey, place Aristide Briand et place Saint-Jean), droguerie bazar, vaisselle, artisanat, etc (derrière l’église et place Saint-Jean).

Espérons que la volaille de Bresse, toujours très présente malgré les nouvelles méthodes de commercialisation, continuera à être encore longtemps la prestigieuse locomotive qui entraîne cette magnifique manifestation agricole et commerciale.

Bibliographie : Lucien Guillemaut, Marcel Pacaut, André Petit, Dominique Rivière.
Source : Office du Tourisme de Louhans.

EGLISE SAINT PIERRE DE LOUHANS

HISTOIRE DE L'EGLISE DE LOUHANS -
Son origine est mal connue. Le 1er document datant de 878, la charte de Louis le Bègue (qui donnait Louhans sur Seille à l'abbaye de Tournus) mentionne l'église de Louhans. Elle s'appelle alors église St Martin. Elle prendra plus tard le nom de St Pierre. (probablement au XIIème siècle) Elle était sans doute romane.

-Aux Xème et XIème siècles : c'est un petit prieuré entouré de fermes exploitées par les moines de Tournus. Prieuré : nom donné à ces dépendances de l'abbaye où résidaient un prieur et quelques moines ( 3 au moins).

- Deux emplacements possibles : l'actuelle chapelle N. Dame ou le chœur actuel.

- A partir du XIIIème siècle : adjonctions de chapelles. Certaines commanditées par des particuliers . Ex : la confrérie des cordonniers ou des seigneurs locaux. - Plusieurs destructions suivies de réédifications .

Au XVème siècle, c'est une église gothique avec chœur et nef.
A noter la fondation par les seigneurs de Ratte de la chapelle N-D de Ratte.

-A partir de 1507, importants travaux dans l'église. Le clocher est refait à neuf en 1526 avec à sa base, la galerie à balustrade en "Ave Maria" - 1527 : installation des orgues -

En 1750, l'église compte 13 chapelles. - 1716 : réparation du clocher ; de nouveau surmonté d'une "tour en aiguille", remplaçant le dôme préexistant.

- Milieu du XVIIIème : beaucoup de projets sont faits pour moderniser, agrandir, éclairer cette église jugée sombre et mal agencée ; notamment un projet très coûteux de l'architecte Emiland Gauthey. Son allure générale : 2 corps de bâtiments : chapelle N.D. accolée à l'église.

- 2ème moitié du XVIIIème siècle, transfert du cimetière et dégagement de la place autour de l'église. - Très abimée à la Révolution, elle devient temple de la Raison. La chapelle est séparée de l'église par un briquetage. Les bâtiments ne sont pas entretenus. Eglise et chapelle sont rendues au culte sous le Concordat après réparations.
- Le bâtiment est restauré dans son état actuel à la fin du XIXème siècle.
Le clocher qui reposait sur un énorme pilier encombrait la nef et empêchait la vue du chœur est démoli en 1883 ainsi que les chapelles latérales. On construit le porche et le nouveau clocher devant la chapelle de la sainte Vierge.
Le toit respecte le style bourguignon avec ses tuiles polychromes émaillées.

- En 1975, le toit et le clocher aux tuiles vernissées sont restaurés.